dimanche, 15 avril 2007

Images et imageries

medium_h_1.jpgLa pensée mythologique, nous y sommes immergés jusquà raz bord. Un exemple récent avec la diffusion du documentaire fiction le sacre de l'homme ( voir l'article sur Tempas)Et pour les enfants de tous âges, justement, un film délicieux, sorti il y a quelques semaines Miss Potter Aucun rapport entre les deux, c'est à voir, ou plutôt un rapport par son contraire


Amusant comme le film documentaire le sacre de l'homme  qui se voulait scientifique et pédagogique à souhait ( pédagogique jusqu'à la lie) retrouvait des accents presque bibliques pour expliquer les grandes découvertes de l'homme durant les 10 derniers millénaires. Un survol du néolithique dans le croissant fertile pour suivre l'évolution de l'homme, plutôt gourd, pas malin, lent à comprendre et plein d'une bonne volonté qui se massacre sur les méchancetés nouvelles que font émerger ses progrès. Tout cela l'article de Tempas l'a très bien explicité.

Ce qui est le plus piquant, c'est l'éternel retour du récit des origines, pour l'occasion labellisé par  Yves Coppens et Jean Guilaine. Cet homme qui marche et cherche et trouve plus ou moins maladroitement sans aucune autre spiritualité que celle des méchants  sorciers des aventures de Rahan, c'est l'image juste qu'il faut se figurer aujourd'hui.
C'est la même réduction qu'une vision de catéchisme du 19 ème siècle qui aurait fait sortir la grosse tête d'un dieu barbu des nuages pour le guider. La réduction à l'esprit du temps est la même : penser sans faire de vague.
Penser sur l'air du temps.

Et penser dans l'air du temps, c'est ce que Béatrix Potter refusait, comme le dit si joliement la bande annonce du film consacré à sa vie. Etrange Miss Potter qui a acheté des terres pour les sauver de l'industrialisation et qui a ainsi protégé des zones entières du nord de l'Angleterre.

Elle qui imaginait un monde à elle, parlait à ses animaux et les a dessiné avec le soin d'un naturaliste sans que la justesse du trait   ne vienne jamais troubler le charme du personnage.

Béatrix Potter que beaucoup, dans l'air de leur temps, ont regardé de très haut, comme une originale, au point de rejetter une publication scientifique qu'elle avait écrite sur la reproduction de certains champignons. Publication qui est aujourd'hui reconnue comme scientifiquement valable et qui lui a valu les excuses un peu tardives des biologistes contemporains.

Le monde de Béatrix Potter n'était pas qu'enfantin, il était enchanté. L'enchantement du monde est une donnée nécessaire à l'humain et il n'est pas prêt de s'en passer, quelles que soient les formes de cet enchantement. C'est une simple évidence que les auteurs du sacre de l'homme n'ont pas pris en compte.

 

 

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