mardi, 22 juillet 2008
Une mer de gélatine
Voilà c'est arrivé : la mer s'est transformée.
Elle est devenue une mer de gélatine, urticante et malveillante. Des bataillons transparents montent la garde de leur domaine.

Partout, sur toutes les mers de l'océan planétaire, le phénomène se répète quand tout un chacun ne le voit que jusqu'au large de sa crique.
Quel paradoxe : à la lourdeur mortifère des intrusions humaines, à ce surplus de laideur stagnent et dérivent des bancs d'ombrelles empoisonnées.
C'est étrangement beau, cette réponse de l'eau aux agressions atmosphériques, aux pollutions, aux massacres, à tout ce qui est dénoncé en longueur de prises de conscience. Tout ce qui est dit est commenté comme insuportable et qui est supporté, et même bien supporté si l'on se reporte aux articles et autres rapports économiques et scientifiques. Entre savoir, faire savoir et agir, il y a autant d'eau qui s'engoufre dans les têtes luminescentes des méduses.
Et les ombrelles engorgent la mer, elles surgissent du rien, du bleu, de l'eau.
Elles sont gorgées d'eau et de poison, tentacules déployés, elles refoulent les pêcheurs et les baigneurs, elles refoulent ceux qui n'appartiennent pas à l'océan noir qui les porte, comme un bouclier.



00:36 Publié dans air du temps, nature | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Il est bien vrai que cette invasion de méduses est symptomatique de notre temps...
Quel paradoxe aussi que des créatures aussi superbes nous soient aussi néfastes.
Est à dire que de les trop souvent mépriser et exploiter, les beautés de la nature finissent pas se refuser aux humains et se retourner contre eux ?
Comme toujours, Hermeline, tes textes sont pleins de pertinence et de sensibilité.
J'adore !
Ecrit par : Tempas | mardi, 22 juillet 2008
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.