mercredi, 06 août 2008

meringue

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C’était la lumière hivernale, la lumière du cœur de l’hiver.

Elle n’était en rien semblable aux lumières des autres saisons. C’était une lumière tellement  plus haute.


Une lumière dans laquelle on pouvait mordre et qui laissait un goût crayeux et froid et dont, pourtant, on était  insatiable.

N’avez-vous jamais eu envie de mordre dans le ciel, d’en prendre un morceau et de l’avaler ?

Il faut une lumière bien particulière pour susciter cette envie. L’envie de se rouler dans l’air comme on se roulerait dans la neige ou dans l’herbe.

Voilà, cette lumière là, c’était une lumière de neige bleue. Au plus profond de ce bleu, il y avait la neige. La déflagration de la neige.

On pouvait la sentir dans le creux du ciel et c’est ce qui lui conférait cet arrière goût crayeux comme seules en possèdent les meilleures meringues. La croute blanche et glacée qui craque sur le vide du ciel. Une étreinte de sucre. Tirée tous azimuts.

Il n’y avait aucune émotion, aucun souvenir dans cette lumière là, elle était vierge, amnésique et bienheureuse.

Quand on la retrouvait, c’était un immense réservoir de vide que l’on dévorait.

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Hermeline

 

 

 

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