lundi, 27 octobre 2008
Hierophanie, Théophanie, Elégie
Aujourd'hui, je crois en Dieu.
Pas au dieu théologique, théosophique ou autre phiques philosophiques abstraites.
Non, je crois en un dieu matériel, concret, pratique et utile. Pour des attributions divines ce n'est pas banal, et en plus je l'ai rencontré ce matin.
Dieu, c'est un bien grand mot, disons une forme de Dieu, une émanation divine, quelque chose qui est faite de sa présence et de son pouvoir, de son pouvoir surtout.
Quelque chose au féminin, car c'était une divinité, à l'instar d'Hathor, mais qui n'habitait pas dans le temple de Dendera mais détentrice de l'oeil du Tout Puissant.
La présence de Dieu donc se tenait dans un bureau modeste, au fond d'un couloir affreux, dans un bâtiment morne perdu derrière des haies mal taillées.
Un endroit presque introuvable pour les non initiés, ce qui est normal, les non-initiés ne doivent pas déranger. Les bureaux de la Sécurité Sociale se doivent bien de se cacher du communs des hommes qui pourraient venir en nombre demander des explications, des services et des actions, l'horreur.
Mais je reviens à dieu qui a son bureau dans ces bâtiments soigneusement dérobés à la vue des profanes, bureau lui-même bien planqué de la vue des visiteurs.
Elle ne parle pas, ou presque,c'est inutile, Elle connait nos tourments. Inutile aussi de se laisser aller en explications, Elle les connait, c'est magique, télépathique. Dans ses mains, elle tasse la masse de courriers envoyés, renvoyés, envoyés encore et toujours renvoyés par les gorgones qui oeuvrent dans des bureaux adjacents et à qui il manque l'oeil unique qui leur permettrait de lire les lettres et les dossiers qui leur sont adressés.
Mais le temps n'est plus aux rancoeurs, dieu tonne à grands coups de tampons, assomant les papiers de signes et d'annotations.
Tout est bon !
Bon ?
Bon !
Sans ajouter plus de paroles Celle qui peut tout, nous congédie. Dieu nous a bien vu.
Et devant le miracle, les mots se nouent, alors, mieux vaut sortir sans rien ajouter, de peur que l'ordinateur de dieu se mette à afficher qu'une pièce manque au dossier ou qu'un nouveau problème est apparu et qu'il faut... non, partir vite sur une impression de cordialité avec la divinité et jeter un dernier coup d'oeil sur ce qui est, et ce n'est pas rien, le bureau de dieu.
Pas si spectaculaire en fait, à part des posters de chats et des cartes postales de chats qui tapissent les murs et les placards. C'est connu, les chats sont des animaux divins.
Un dernier signe de tête, respectueux, et nous sommes dehors, de retour dans le monde profane.
On a les hiérophanies que l'on peut, les théophanies aussi, mais celle-ci vaut bien une élégie.
Onze mois de tourments administratifs réglés en cinq minutes, presque sans une parole et sans une offrande.
Une paix qui vous descend dans l'âme.
Le 27 octobre est donc déclaré jour de miracle.
Hermeline
21:52 Publié dans mystère, texte personnel | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Beau récit de miracle, très bien conté.
Devant ce qui nous dépasse, ne vaut-il pas mieux être modestement reconnaissant ?
Rendons grâce à Dieu !
Ecrit par : Tempas | mardi, 28 octobre 2008
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