samedi, 24 janvier 2009
Alla Nazimova
Une diva une vraie. On dit même la plus grande actrice du siècle passé.

Russe, inspirée, consummée par ses prestations, elle fut une star d'Hollywood hors norme. Mais à son époque les normes n'était pas aussi draconniennes.
C'était le temps du cinéma muet, du théâtre filmé, de la recherche esthétique, artistique, décadente.

Alla Nazimova était excentrique, libre, lesbienne et théâtrale.
Elle flottait sur l'écran comme une apparition, une femme fleur, une incarnation de la beauté formelle et littéraire des années 1880-1920.
Elle est Modern Art, Art Nouveau, graphique avec élégance comme les prémices de l'Art Déco. Elle est poétique et rare.
Son cinéma est le contraire de ce que l'on a vu ensuite. Emphatique, à l'instar de Sahra Bernardt, étrange comme celui des poétes, inclassable, invendable. Hors d'atteinte de la sacro sainte modernité.
C'est le cinéma de son temps, à elle. Le temps d'Alla.
C'est le cinéma de son temps, à elle. Le temps d'Alla.

Comme du juste, ce temps ne pouvait pas durer. Alla Nazimova adapta Salomé d'Oscar Wilde. Elle l'adopta corps et âme, elle finança le projet et porta à l'écran une adaptation muette et graphique d'une pièce littéraire. A défaut du texte, elle voulu en réstituer l'essence symbolique.
Elle créa une mise en scène calquée sur la progression du texte, avec des décors et des éclairages sophistiqués et des costumes directement inspirés des dessin d'Audrey Beardsley qui avait illustré la première édition britanique de Salomé.

Le résultat fut un film étrange, poétique, maginifique. Le public ne suivit pas et Alla Nazimova en fut ruiné.
Une ruine en accord avec son sujet, Salomé était dès sa création une pièce maudite.
Les deux, pièce et film, sont à présent des classiques.


18:00 Publié dans art et spectacle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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